Le Canard Bleu

Drame bural
d’Hervée Blutch

Synopsis :

Monsieur Plock, nouvel employé du bureau, s'installe aux côtés de monsieur Flitz et de monsieur Masch le responsable. Gràce au contremaître et spécialiste du règlement, monsieur Flitz, il prend petit à petit connaissance de l'ambiance particulière de son lieu de travail et de ses règles absurdes. Jusqu'à ce que l'histoire se renverse et que Plock prenne petit à petit les règles en main, les tordre et les transforme au grand désarroi de monsieur Flitz et monsieur Masch. Mais la règle est la règle et caractérisée par une immuabilité que lui confère monsieur Flitz, son fervent défenseur. Le conflit naît et grandit entre monsieur Plock et monsieur Flitz face au regard perdu de monsieur Masch, paralysé face à ces changements. Qui l'emportera? Le réformiste ou l'amoureux de la régle ? Au travers de gestes et de quelques paroles, les trois personnages évolueront tout au long de l'histoire dans une ambiance expressionniste aux accents absurdes, comiques et violents.

Spectacle en salle A partir de 12 ans, d’une durée de 70 minutes

Création 2008 Coréaliser par la Cie Ecknobul et la Cie Sur le Fil ( BE ) Avec le soutien de la communauté européenne, delegation éducation et culture La Cie Ecknobul est soutenue dans son fonctionnement par la ville de Mulhouse

  • Mise en scène : Vinciane Geerinckx
  • Texte de Hervé Blutch
  • Musique : Jean-Sebastien Bach
  • Création lumière : Julien Gorrias
  • Construction des décors : Sebastien Phillipe
  • Avec Xavier Campion, Pascal Lazarus et Mikaël Sladden

Principe :

la collaboration

De plus en plus de projets mêlant plusieurs disciplines naissent de nos jours. Chaque discipline apportant un peu de ses richesses aux autres. C'est dans cette optique que la compagnie Ecknobul et la compagnie Sur le Fil ont décidé de travailler ensemble sur la pièce de Hervé Blutsch Le Canard bleu, pièce absurde tournant autours du thème de la règle, avec de forts accents d'humour noir. Ainsi, la parole et les gestes seront amplifiés sur une rythmique de claquements de tiroirs de bureaux, de sonneries de téléphone, de fiches triées pour grossir les traits de l'Administration suivant la veine expressionniste des années 1920.

Notes de mise en scène :

Trois personnages vissés è leur bureau nous emmènent dans l'antre de la Règle. Des employés tantôt humains, tantôt robotiques baignés dans un quotidien absurde, éclairés chacun par une lampe qui pend au-dessus de leur tête. Et une amplitude de leurs gestes et leurs réactions. Car il s'agit d’un mélodrame bural et donc d'excès, sur une rythmique de claquements de tiroirs de bureaux, de sonneries de téléphone, de fiches triées. Et des voix aussi, sorties tout droit des règlements actuels. Histoire de voir jusqu'à quel point la réalité rejoint cette folie théàtralisée.

Folie bureaucratique et réglementaire qui tourne folle. Machine infernale qui semble petit à petit mise en pièces par un de ses nouveaux engrenages, bien que rien ne puisse arrêter la Règle.

Règle qui protège et paralyse, qui sauve et qui tue au nom de l'éternel conflit entre ses fanatiques et ses réformistes. Une comédie noire et absurde où Chaplin et Kafka se rejoignent. Un mélodrame bural.

Pourquoi mettre en scène et jouer une telle pièce aujourd'hui :

Après les règles terriblement visibles et ressenties, remises en question et en pièces à partir de soixante-huit, la Règle persiste autour de nous. Indispensable partenaire d’une « bonne vie en société », elle se veut protectrice de tous et du bon déroulement des choses, du travail, de ce monde. Pourtant, les règles actuelles et ce qu’elles englobent, le travail, la société etc… ne sont pas toujours acceptées car pas toujours justes, pas toujours humaines et protectrices. Quelquefois mollement contournées et mises en cause, elles le sont parfois d'avantage pour virer à des actes quelques fois violents de la part de ceux qui s'en rebellent comme de ceux qui les protègent jusqu’à ce qu’elles les étouffent. Etouffent, de façon discrète et peu visible, cachées derrière la cape de leur caractère indispensable et salvateur. Difficile donc de remettre en question la Règle aujourd'hui. Inutile, diront certains. Pour un bien ou pour un mal ? Concernés par cette question, nous nous sommes tournés vers Hervé Blutsch qui a placé sa focale sur cette Règle, en a grossi les traits jusqu'à la caricaturer, la manipuler, la malmener et la tordre le temps d’une pièce.