Dans le Noir

Dans le noir
Thriller théâtral éclaté

Création 2010, à venir

Synopsis :

Tom et Jerry sont dans un bain. Ils semblent jouer à « pince-mi et pince-moi sont dans un bateau, pince-mi tombe dans l’eau, qui est-ce qui reste ? » jusqu’à ce que Tom sorte de l’eau muni d’un flingue. Et là on comprend que, sur ce fond musical de bac à sable, c’est un thriller qui est en train de se jouer. Tom, dans quelques minutes, doit éliminer Jerry pour haute trahison envers son chef, Mickey. Une traîtrise sentimentale au centre de laquelle se trouve – gît ? – Betty, femme fatale censée être noyée par Tom dans une eau glacée. Mais Tom aussi en pince pour la belle, ainsi que Donald – employé de Mickey, se trouvant dans la pièce d’à côté en compagnie de Betty avec, pour mission de buter Tom au signal – et Le flic, Daffy, qui se trouve à l’entrée des thermes où gesticule la fine équipe, prêt à serrer tout le monde, exceptée Betty qu’il croit morte. Deux personnes encore dans cette histoire sanglante remplie de maladresses clownesques basée sur les thèmes de « sexe, flingues et rock’and roll » : la tenancière des thermes et un électricien. C’est que tout ne tourne pas rond au pays de la salle de bain, particulièrement dans la cave où des plombs usagés sont sur le point de sauter… et de plonger tout le monde dans le noir…

  • Une pièce de Régis Duqué
  • Mise en scène : Vinciane Geerinckx
  • Avec : Xavier Campion, Hélène Couvert, Pascal Lazarus, Mikaël Sladden

Spectacle coproduit par la Cie Ecknobul et la Cie Sur le Fil
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Principe :

Un parfum Baroque

Jean Duvignaud rapprocha, dans son ouvrage Baroque et kitsch, ces deux courants, nés tous deux d’une époque troublée ( le kitsch étant d’après lui, l’actuel) où la multitude de nouvelles informations a poussé la perte du sens. L’idée du baroque était que « tout tourne autours d’un centre vide », nous n’en sommes pas loin aujourd’hui. Dans la pièce aussi, les hommes Dans le noir tournent autours d’un centre, une femme - ou plutôt son stéréotype – vide de réelles envies, de réels sentiments.

Le baroque jouait avec cette perte de sens en égarant le spectateur dans des chemins labyrinthiques. Ces chemins, nous comptons les prendre également. Nous voulons perdre le spectateur pour mieux le ressaisir, qu’il perde ses repères pour le surpendre ensuite et happer son attention. Ainsi, quatre comédiens joueront les sept personnages. Une comédienne oscillera entre Betty / la tenancière, trois comédiens se balanceront entre un rôle (Tom, Jerry ou Donald) / Daffy / l’électricien.

Deux niveaux de jeu aussi rythmeront la pièce, tous deux libérés mais l’un en tension-thriller, l’autre en relâchement. Les instants de jeu relâché seront les scènes de discussion entre la tenancière et l’ (les) électricien(s). Ce seront comme des intervalles, des moments de respiration, presque de non-jeu où le spectateur ne saura dire si ce seront de nouveaux personnages ou les comédiens eux-mêmes qui discutent des problèmes électriques. Il replongera ensuite plus profondément dans l’histoire. Un parallèle baroque naîtra alors entre les scènes-thriller et les intervalles : dans les deux cas, une même histoire se dessine : des hommes tournent autours d’une femme, s’en rapprochent jusqu’à la fin de l’histoire où ils atteignent soit la mort soit la fin (de la pièce), donc le vide, le rien.

Une distanciation

Ces scènes de tension et de relâchement amènent une idée de distanciation du comédien par rapport à son-ses rôle(s). Une distanciation libératrice que nous voulons explorer au cours de notre travail Dans le noir pour que chaque soir le jeu soit différent, que les comédiens se surprennent les uns les autres pour servir le plaisir de jouer, de la mise en danger. Pour que le public soit face, tous les soirs, à un spectacle neuf.

Pour ce travail de distanciation libératrice, nous nous référons au courant lancé par des compagnies telles tg STAN, les Transquinquennal, etc qui ont cherché et cherchent encore à libérer le jeu.

Cette liberté, nous tenterons de l’atteindre en travaillant sans cesse le sens émanant de la pièce et celui que nous y mettrons afin de ne pas le perdre.

Cette distanciation est, d’après nous, essentielle pour le traitement de cette pièce, son rythme amenant un sentiment de liberté avec ses moments soutenus et relâchés.

Une réorganisation du texte

Le texte ne fut pas le fait d’une réécriture mais tout de même d’une réorganisation.

En effet, dans le texte originel, chaque scène traite dans son entièreté la confrontation d’un, deux voire trois personnages face à une situation, face à son-ses congénère(s) présent(s). Ainsi, la pièce commençait sur une discussion entre l’électricien et la tenancière ; se poursuivait par une scène où Tom veut tuer Jerry jusqu’à ce que Donald (homme de main de Jerry) arrive au signal lancé par Jerry pour tuer Tom, scène qui se termine dans le noir, en tuerie ; on passait ensuite à la scène où Donald, accompagné de Betty qui le charme, espionne dans la pièce d’à côté la discussion entre Tom et Jerry, dans l’attente du signal ; ensuite on assistait au monologue du policier Daffy qui explique son enquête et le fait qu’il est en train d’espionner le petit monde que l’on vient de voir pour intervenir jusqu’à ce qu’il tombe sur Betty et, enfin, on revenait sur l’électricien et la tenancière en train de régler les problèmes électriques jusqu’à plonger tout le monde dans le noir. On comprend, dès la deuxième scène, que toutes les scènes se déroulent au même moment.

Nous avons voulu accentuer ce jeu chronologique de simultanéité. Nous avons donc recoupé les scènes en diverses parties et avons mêlé le tout. Cela donne un montage d’instants où l’on passe d’une réalité à l’autre de façon très rapide, une sorte de puzzle où les pièces s’assemblent au fil de la pièce, un peu comme dans le film Pulp Fiction.

Cette réorganisation amène un effet rythmé où les scènes en tension thriller se suivent ou sont entrecoupées de respirations lors des scènes intervalles « électricien(s) – tenancière », qui poussent le spectateur à se replonger toujours plus profondément dans les histoires de ces personnages mafieux ou policier.

Le clair-obscur

Au niveau du travail de la lumière, nous désirons partir sur des ambiances de clair-obscur, chères à la culture baroque et intéressantes à traiter dans une pièce portant le titre Dans le noir. En effet, le clair-obscur, « technique picturale dans laquelle des parties très sombres côtoient des parties très claires, créant des contraste parfois violents (…) permet d’augmenter la tension dramatique, de créer un effet de focal et de mettre en volume les personnages ». Le clair-obscur, donc, pour faire sortir ces personnages de l’ombre. Cette notion d’ambiance obscure est également exploitée pour appuyer l’ambiance mafieuse qui règne dans la pièce.

Nous nous inspirerons également des œuvres du plasticien Gilles Barbier qui a, entre autre travaillé sur les jeux de lumière et d’ombre, dont une œuvre (Dan Jonhston 2004) est déjà présentée à la page de titre.

Dernière influence : le traitement de la lumière dans les films d’Alfred Hitchcock où , dans Psycho (1960), par exemple, il a contribué à installer l’atmosphère de tension et de mystère qu’il cherchait à créer.

Un espace de lumières

Pour la scénographie, nous comptons également jouer avec l’idée de lumière. Au niveau du traitement de l’espace, celui-ci fera référence tantôt, pour les scènes de relâchement entre la tenancière et l(es) électricien(s), à une cave où pendraient toutes sortes de lampes, où il y aurait toutes sortes de circuits, tantôt, pour les scènes entre Tom et Jerry, Betty et Donald, à différentes pièces. Daffy, lui, n’aura pas d’endroit particulier. Il sortira de l’ombre, de différents espaces, comme s’il se mouvait.

Ces différents espaces ne seront pas délimités par des murs. Le spectateur aura donc un espace qui s’étend devant lui mais devinera plusieurs pièces tout de même, en référence avec le fait que toutes les scènes se passent au même moment. Pour ce faire, nous nous inspirerons des plans d’habitation. Un plan apparaîtra donc sur le sol, délimitant les différents endroits.

Création 2010, à venir