Le Phare

Le phare
Masque larvaire et théâtre d’objet

Synopsis :

« C'est dans un phare au bout du monde, dans un coin où l'on ne sait même pas s'il y a encore des bateaux qui passent, dans un coin où l'on ne sait même plus si le temps passe encore. C'est dans ce phare qu'ils habitent et qu'ils travaillent. Y a d'abord le plus vieux, qui était là le premier, et puis y a le père de la fille qui s'occupe de tout, et pour finir y a la fille, qui est encore jeune. Leurs femmes à eux, ça fait longtemps qu'elles sont parties. C'est pas facile dans ce phare, mais on s'y fait.

Et un jour, sans comprendre, elle arrive. Elle est envoyée de là haut, et elle dit qu'elle doit travailler ici aussi. Y a déjà pas beaucoup de boulot, et puis elle est pas comme les autres, elle a un truc différent. Elle tiendra pas longtemps.

Ils auraient pu l'oublier, ce phare, là-haut. »

  • Public : jeune public, orientation tout public
  • Durée : 55 minutes
  • Écriture : commune
  • Mise en scène : Pascal Lazarus
  • Réalisation des masques : Mario Carrillo
  • Réalisation musique : Michel Bystranowski
  • Réalisation vidéo : Vinciane Geerinckx
  • Avec : Pascal Lazarus, Mélanie Plüss, Vinciane Geerinckx et Benoît Randaxhe.
  • Thématique : apprentissage interculturel
  • Illustration et mise en page BD : Céline Hervé
  • Réalisation dossier pédagogique : Pascal Lazarus avec le soutien de YONET.

Spectacle coproduit par la compagnie Ecknobul, la compagnie Sur le Fil et le festival des 24 fenêtres d'Uffholtz.

Avec le soutien du conseil général du Haut-Rhin, de la SPEDIDAM, de l'Agence Culturelle d'Alsace et de la commission européenne, délégation jeunesse et culture.

La compagnie Ecknobul est soutenue dans son fonctionnement par la ville de Mulhouse.

Le Compagnie Sur le Fil est en résidence administrative au théâtre des Tanneurs à Bruxelles.

Principe :

Histoire de masque

Pourquoi nous avons pris comme support de travail le masque larvaire ?

Déjà pour son esthétique, un peu "non humain", proche de la caricature, des éléments qui nous rapprochent de la bande dessinée. Son rythme aussi idéal pour mettre en place l'ambiance d'un vieux phare, d'une routine, d'un lieu presque mort. Il y a aussi son côté muet, nous voulions faire un spectacle accessible à tous, dans un esprit de spectacles universels. La parole n'ayant de toute façon pas sa place dans cet univers.

Cela fait trois bonnes raisons d'avoir pris comme support cette catégorie de masques, mais nous voulions dynamiser un peu le travail, c'est pour cela que nous avons demandé à Mario Carrillo, facteur de masque sur Toulouse, de nous fabriquer nos masques. Facteur de masque très doué et surtout n'ayant jamais fabriqué de masque larvaire jusqu'à ce jour. L'idée était d'avoir un regard neuf sur la construction de ces masques, une certaine exploration. Et cela a marché, les masques de Mario n'entrent pas forcément dans une catégorie, un mélange de masques italiens et de larvaire, et ça, ça nous plaît.

La bande dessinée

Très fortement inspirés par la bande dessinée dans sa charte graphique, nous avons travaillé sur un découpage des scènes parallèles à cette littérature. Des changements directs, des coupes franches dans l’histoire et le temps de l’histoire nous permettent de redynamiser le rythme là où la technique de masque larvaire peut avoir une faille.

Un autre style de découpage que l’on retrouve dans la bande dessinée est le découpage d’espace. Deux événement se déroulant en meme temps et visible par le lecteur, ou public dans notre cas. Car pour traduire cet effet sur scène nous avons utilisé une technique qui permet la réalisation d'événements simultanés sur le même espace scénique, en tenant compte du devant de scène et de l’arrière scène ainsi que des côtés cour et jardin. Deux personnages, deux lieux en un même temps, deux scènes qui se jouent en simultané sur le même espace. Cela nous permettra de mettre en place des comparaisons entre les personnages, ce qui est utile pour travailler une thématique comme l’intercultutralité, ou pour mettre en place des effets dramatiques.

Des décors minimalistes

Les décors minimalistes sont aussi issus en quelque sorte de la bande dessinée. Certains styles graphiques permettent, en effet, en limitant l'occupation de l'espace par quelques objets ou indices de favoriser l'imaginaire sans pour autant perturber la lecture et la compréhension de l'histoire. Ainsi, nous avons limité les apparitions d'éléments de décor pour ne laisser en visuel que le strict minimum. Seuls les objets et les éléments du mobilier utilisés par les comédiens seront visibles, le reste étant au choix de l'imaginaire du public. Cela permet au public de mieux s'approprier le spectacle, comme le permet le roman quand, à sa lecture, on s'imagine les lieux, les odeurs, les couleurs... Sachant qu'indirectement le public sera guidé par des informations visuelles transmises pendant le spectacle.

Des marionnettes

Nous allons utiliser des marionnettes dans ce spectacle pour signifier tout ce qui n'appartient pas au réel. Cela englobe autant les rêves que les désirs de certains personnages. Ces marionnettes, qui seront manipulées par des techniciens, seront des assemblages d'objets utilisés tout au long de l'histoire.

Ceux-ci prendront vie sur un temps plutôt court pour garder l'effet visuel et de vie des marionnettes. Manipulées à la main et très simples, elles auront une accroche rapide avec le spectateur et peu de détails, mais donneront une information claire et directe.

L'expressionnisme cinématographique allemand

Comme l'apparence du masque et le jeu dicté par celui-ci amplifient toutes les actions des personnages, leur caractère et leurs manies, nous ne pouvions imaginer mieux que nous inspirer de l'expressionnisme utilisé dans les films allemands vers 1920. Cette redimension des objets, ces courbes non logiques, comme la position peu naturelle de leur point de fuite, ont donné un style graphique et énergique particulier qui favorise des ambiances allant jusqu'au surréalisme. Par ce moyen, les décors, les lumières, et l'interprétation des personnages, tous les éléments aspirent à montrer une optique déformée de la réalité. C'est pour cela que tous les objets utilisés dans les manipulations sont redimensionnés pour mettre en place un aspect visuel marquant mais aussi pour renforcer des sentiments ou des caractères.

Cela peut être contradictoire avec cette notion de décor minimaliste que nous évoquions, mais le choix juste de l'objet et son amplification par sa modification permet justement de limiter les interventions.

L'espace scénique

L'espace scénique est divisé en deux parties : l'espace de jeu et l'espace hors jeu, tous deux visibles au public, l'intervention des techniciens étant tout aussi importante que le jeu masqué.

L'espace de jeu est représenté par un trapèze isocèle aux contours blancs sur le sol. C'est dans cet espace que l'histoire se déroule. Toutes les actions masquées sont jouées à l'intérieur, la mise du masque se faisant sur la ligne. Les techniciens qui interviennent mettent en valeur les personnages masqués. Il s'agit de l'endroit cible de l'univers du spectacle.

L'espace hors jeu se situe à l'extérieur de ce trapèze. Il y a deux support où tous les objets utilisés sont disposés, toujours à vue du public. C'est de là que partent toutes les interventions vers l'espace de jeu, que se soient des objets ou des lumières. Toutes les personnes présentes dans l'espace hors jeu sont techniciennes.